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Patrimoine UNESCO 1979

Basilique et colline de Vézelay

La colline inspirée de Bourgogne

Vézelay, bourg médiéval accroché à une colline dominant le Morvan, porte l'un des noms les plus chargés de sens de la chrétienté médiévale. Sa basilique Sainte-Marie-Madeleine fut, pendant plusieurs siècles, l'un des quatre grands lieux de pèlerinage de l'Occident chrétien, le point de départ de l'une des principales voies vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Son inscription au patrimoine mondial UNESCO en 1979 consacre un héritage architectural et spirituel d'une densité exceptionnelle.

C'est ici que Bernard de Clairvaux prêcha la deuxième croisade en 1146, que Richard Coeur de Lion et Philippe Auguste se rencontrèrent avant la troisième croisade en 1190, et que François d'Assise visita en 1217. L'abbaye bénédictine fondée au IXème siècle connut son apogée entre le Xème et le XIIème siècle, grâce à la réputation des reliques de Marie-Madeleine qu'elle prétendait posséder.

Vue de la colline de Vézelay et de la basilique
La colline de Vézelay, dominant le bocage bourguignon. La basilique couronne le bourg médiéval dont les maisons en pierre blonde descendent le long de la grande rue. Source : Wikimedia Commons.

Les chapiteaux : un musée roman à ciel ouvert

L'intérieur de la basilique recèle l'un des ensembles de sculptures romanes les plus riches et les mieux conservés d'Europe. Les 99 chapiteaux historiés de la nef centrale, taillés dans la pierre calcaire locale entre 1120 et 1135, sont un véritable répertoire de la pensée médiévale. Scènes bibliques, épisodes hagiographiques, représentations de la lutte entre le bien et le mal, figures de monstres et de saints se succèdent sur ces colonnes jumelles avec une vitalité et une invention remarquables.

Le tympan du narthex, exécuté vers 1130 et attribué au maître de Vézelay, est l'une des oeuvres majeures de la sculpture romane. Le Christ en gloire y étend les mains vers les apôtres dans un geste d'envoi missionnaire, entouré des peuples du monde à évangéliser, représentés avec une fantaisie ethnographique déconcertante. Pygmées montés sur des mules, habitants aux grandes oreilles, cynocéphales : le monde médiéval s'y donne à voir dans toute son étrangeté.

La lumière de la nef : phénomène solsticial

Lors du solstice d'été, à midi solaire, les rayons du soleil pénètrent dans l'axe exact de la nef et viennent illuminer une série de médaillons de lumière disposés sur l'axe central de la voûte. Ce phénomène, visiblement voulu par les architectes médiévaux qui ont orienté l'édifice avec une grande précision, attire chaque année de nombreux visiteurs le 21 juin.

L'alternance des claveaux en pierre claire et en pierre sombre dans les arcs des grandes arcades est caractéristique du roman bourguignon. Elle crée un rythme visuel qui accompagne le visiteur vers l'abside, inondée de lumière grace aux fenêtres hautes plus nombreuses que dans la nef.

La restauration de Viollet-le-Duc

Au début du XIXème siècle, la basilique était dans un état de quasi-ruine. C'est Prosper Mérimée, inspecteur des Monuments historiques, qui alerta en 1834 sur l'urgence d'une intervention. Le jeune Viollet-le-Duc, à peine 24 ans, fut chargé de la restauration à partir de 1840. Son travail sur Vézelay, étalé sur vingt ans, fut sa première grande restauration et il en fit une expérience fondatrice de sa doctrine.

Cette restauration fit l'objet de controverses dès le XIXème siècle et continue d'alimenter les débats sur les limites de la restauration patrimoniale. Pour approfondir le sujet, les ressources de la Direction du Patrimoine du Ministère de la Culture et la fiche UNESCO de Vézelay sont indispensables.